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Congés payés en pharmacie : calcul, jours fériés et spécificités convention

10 min de lecturePersée Pharma
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Combien de jours de congés payés en pharmacie d’officine ?

En pharmacie d’officine, tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) par an. La convention collective IDCC 1996 prévoit en outre des jours supplémentaires pour ancienneté : 1 jour après 10 ans, 2 jours après 15 ans et 3 jours après 20 ans.

La gestion des congés payés est un sujet central pour tout titulaire de pharmacie d'officine. Entre les règles du Code du travail, les dispositions spécifiques de la convention collective IDCC 1996 et les contraintes liées à la continuité du service pharmaceutique, il n'est pas toujours simple de s'y retrouver. Ce guide détaille l'ensemble des règles applicables en matière de congés payés en officine : acquisition, décompte, jours fériés, congés conventionnels et calcul de l'indemnité.

1. Acquisition des congés payés : les règles de base

Le principe est posé par l'article L. 3141-3 du Code du travail : tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète de travail. Cette règle s'applique à l'ensemble des salariés de l'officine, qu'ils soient pharmaciens adjoints, préparateurs en pharmacie, conseillers ou employés polyvalents.

La période de référence

Les congés s'acquièrent sur une période de référence qui court du 1er juin de l'année précédente au 31 mai de l'année en cours. Ainsi, les congés acquis entre le 1er juin 2025 et le 31 mai 2026 sont à prendre sur la période allant du 1er juin 2026 au 31 mai 2027. Certaines officines, via un accord d'entreprise, peuvent opter pour une période de référence calée sur l'année civile (1er janvier au 31 décembre), mais cette pratique reste marginale dans la branche.

Les périodes assimilées à du travail effectif pour l'acquisition des congés comprennent notamment : les congés payés eux-mêmes, les congés de maternité et de paternité, les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle (dans la limite d'un an), et les périodes de formation dans le cadre du plan de développement des compétences. En revanche, les absences pour maladie non professionnelle ne sont pas assimilées à du travail effectif, sauf disposition conventionnelle plus favorable.

Cas des salariés à temps partiel

Un salarié à temps partiel acquiert le même nombre de jours de congés qu'un salarié à temps plein : 2,5 jours ouvrables par mois. La durée du travail n'affecte pas le droit aux congés, seul le montant de l'indemnité de congés payés sera proportionnel au temps de travail. C'est un point que l'on oublie parfois en officine, où les contrats à temps partiel sont fréquents.

2. Décompte en jours ouvrables ou en jours ouvrés

Le Code du travail raisonne en jours ouvrables : ce sont tous les jours de la semaine à l'exception du dimanche et des jours fériés légaux. Il y a donc 6 jours ouvrables par semaine (du lundi au samedi). Les 30 jours ouvrables de congés annuels correspondent bien à 5 semaines complètes.

En pratique, de nombreuses officines comptent les congés en jours ouvrés (les jours effectivement travaillés dans l'entreprise). Si l'officine est ouverte du lundi au samedi, on compte 6 jours ouvrés par semaine. Si elle est fermée le samedi après-midi, le décompte reste en jours ouvrables pour éviter toute confusion. La conversion la plus courante est la suivante : 30 jours ouvrables = 25 jours ouvrés (sur la base de 5 jours ouvrés par semaine).

Quel que soit le mode de décompte retenu, le résultat final doit être au moins aussi favorable que le calcul légal en jours ouvrables. Autrement dit, si vous passez en jours ouvrés, vérifiez que vos salariés ne sont pas lésés par rapport au calcul en jours ouvrables. Pour organiser concrètement la prise de congés dans votre équipe, consultez notre guide de gestion des congés en pharmacie.

3. Congés supplémentaires conventionnels

La convention collective de la pharmacie d'officine (IDCC 1996) prévoit des jours de congés supplémentaires qui s'ajoutent aux 30 jours ouvrables légaux. Ces dispositions constituent un avantage non négligeable pour les salariés de la branche.

Jours supplémentaires pour ancienneté

La convention collective accorde des jours de congés supplémentaires en fonction de l'ancienneté du salarié dans l'entreprise :

  • 1 jour ouvrable supplémentaire après 10 ans d'ancienneté
  • 2 jours ouvrables supplémentaires après 15 ans d'ancienneté
  • 3 jours ouvrables supplémentaires après 20 ans d'ancienneté

Ces jours d'ancienneté s'ajoutent au congé principal. Un préparateur ayant 20 ans d'ancienneté dans la même officine bénéficie donc de 33 jours ouvrables de congés annuels. Pour retrouver l'ensemble des dispositions de la convention, consultez notre article dédié à la convention collective de la pharmacie IDCC 1996.

Jours de fractionnement

Lorsque le congé principal (hors 5e semaine) est fractionné, c'est-à-dire qu'une partie est prise en dehors de la période légale (1er mai au 31 octobre), le salarié peut avoir droit à des jours de fractionnement :

  • 1 jour supplémentaire si le salarié prend entre 3 et 5 jours ouvrables de congé principal en dehors de la période légale
  • 2 jours supplémentaires si le salarié prend 6 jours ouvrables ou plus en dehors de la période légale

Le salarié peut renoncer à ces jours de fractionnement, mais cette renonciation doit être individuelle et expresse. En pratique, dans les officines où les effectifs sont réduits, le fractionnement est quasi inévitable et la question des jours supplémentaires se pose chaque année. Mieux vaut anticiper ce point dans votre organisation globale.

4. Jours fériés en pharmacie : les spécificités

La France compte 11 jours fériés légaux. En pharmacie d'officine, leur traitement est encadré à la fois par le Code du travail et par la convention collective. L'officine étant un établissement de santé, elle peut être amenée à ouvrir certains jours fériés dans le cadre du service de garde ou d'urgence.

Le 1er Mai

Le 1er mai est le seul jour férié légalement chômé et payé pour tous les salariés (article L. 3133-4 du Code du travail). Si l'officine est ouverte ce jour-là (garde), les salariés qui travaillent bénéficient d'une rémunération doublée : leur salaire habituel plus une indemnité égale au montant de ce salaire. Aucune dérogation conventionnelle ne peut réduire cet avantage.

Le 25 décembre et les autres jours fériés

Pour les autres jours fériés (dont le 25 décembre), la convention collective de la pharmacie d'officine prévoit que ces jours sont en principe chômés et payés lorsqu'ils tombent un jour habituellement travaillé. Lorsque l'officine doit ouvrir (garde, permanence), le salarié qui travaille un jour férié bénéficie, en plus de sa rémunération normale, d'un repos compensateur d'une durée égale au nombre d'heures travaillées, ou d'une majoration de salaire selon les dispositions en vigueur dans l'officine.

Le 25 décembre fait l'objet d'une attention particulière dans de nombreuses officines, car il coïncide avec la période de gardes hivernales. Il est essentiel de planifier suffisamment en avance pour garantir une couverture équitable et respecter les règles de repos. Pour approfondir les règles d'amplitude horaire et de repos en officine, consultez notre article sur l' amplitude horaire et le repos en pharmacie.

Impact d'un jour férié pendant les congés

Un jour férié tombant pendant une période de congés payés ne compte pas comme un jour de congé si ce jour est habituellement chômé dans l'entreprise. Concrètement, si un salarié pose deux semaines incluant le 14 juillet, et que l'officine est habituellement fermée ce jour-là, son compteur de congés ne sera débité que de 11 jours ouvrables au lieu de 12. En revanche, si l'officine travaille habituellement ce jour férié, il sera compté comme un jour ouvrable.

5. Congés pour événements familiaux

En plus des congés payés annuels, le Code du travail et la convention collective accordent des jours de congé pour événements familiaux, rémunérés et non déductibles des congés payés. Ces absences sont de droit et ne peuvent être refusées par l'employeur.

  • Mariage ou PACS du salarié : 4 jours (le Code du travail prévoit 4 jours, la convention peut être plus favorable)
  • Mariage d'un enfant : 1 jour
  • Naissance ou adoption : 3 jours (pour le père ou le second parent, en plus du congé de paternité de 25 jours calendaires)
  • Décès du conjoint ou du partenaire de PACS : 3 jours
  • Décès d'un enfant : 5 jours (7 jours si l'enfant a moins de 25 ans ou en cas de décès d'une personne de moins de 25 ans à charge effective et permanente)
  • Décès du père, de la mère, d'un frère ou d'une sœur : 3 jours
  • Décès d'un beau-parent : 3 jours
  • Annonce de la survenue d'un handicap chez un enfant : 5 jours

Ces congés doivent être pris dans un délai raisonnable autour de l'événement. Le salarié n'a pas à justifier de la date exacte au jour près, mais les jours doivent être pris à une date en lien avec l'événement. L'employeur ne peut ni les reporter ni les refuser.

6. Organisation de la prise de congés

La prise des congés payés est encadrée par des règles précises que le titulaire doit respecter, tout en veillant à la continuité du service pharmaceutique. C'est l'un des exercices les plus délicats de la gestion d'une officine, surtout dans les petites structures.

Période de prise du congé principal

Le congé principal (24 jours ouvrables, soit 4 semaines) doit être pris pendant la période légale du 1er mai au 31 octobre. Au moins 12 jours ouvrables consécutifs (2 semaines) doivent être pris pendant cette période. Le congé principal ne peut pas dépasser 24 jours ouvrables d'affilée, sauf pour les salariés justifiant de contraintes géographiques particulières (DOM-TOM, salariés étrangers). La 5e semaine est prise séparément et ne peut pas être accolée au congé principal, sauf accord de l'employeur.

Ordre des départs

L'employeur fixe l'ordre des départs en congé après avis des représentants du personnel (s'ils existent) et en tenant compte de critères objectifs : la situation de famille du salarié (enfants scolarisés, conjoint travaillant dans le même secteur), l'ancienneté, l'activité éventuelle chez un autre employeur, et les dates de congé du conjoint. Ces critères doivent être portés à la connaissance des salariés au moins deux mois avant l'ouverture de la période de congés, et les dates individuelles communiquées au moins un mois avant le départ.

En officine, la difficulté principale réside dans le fait que tous les salariés ne peuvent pas être absents en même temps. Le titulaire doit s'assurer qu'un nombre suffisant de pharmaciens et de préparateurs est présent pour maintenir l'ouverture et respecter les obligations de dispensation. Un planning bien structuré est indispensable pour concilier les souhaits de chacun avec les impératifs de fonctionnement.

Fermeture estivale de l'officine

Certains titulaires choisissent de fermer l'officine pendant une période estivale (généralement 2 à 3 semaines). Dans ce cas, les congés sont imposés à l'ensemble de l'équipe. Cette pratique est parfaitement légale, à condition de respecter les délais de prévenance et de s'assurer que la fermeture ne prive pas les salariés de la possibilité de fractionner leur congé s'ils le souhaitent. Si la durée de fermeture excède les droits acquis d'un salarié récemment embauché, l'employeur n'est pas tenu de le rémunérer pour les jours excédentaires, mais le salarié peut demander une allocation de chômage partiel dans certains cas.

7. Indemnité de congés payés : maintien de salaire ou 1/10e

Pendant ses congés, le salarié perçoit une indemnité de congés payés dont le montant est calculé selon la méthode la plus avantageuse entre deux formules :

La règle du maintien de salaire

Le salarié perçoit la rémunération qu'il aurait touchée s'il avait continué à travailler. On prend en compte le salaire de base, les primes récurrentes liées au travail (prime d'ancienneté, par exemple), les heures supplémentaires habituelles et les avantages en nature. Les primes exceptionnelles ou les remboursements de frais sont exclus du calcul.

La règle du 1/10e

L'indemnité est égale à 1/10e de la rémunération brute totale perçue par le salarié au cours de la période de référence (1er juin au 31 mai). Cette méthode est souvent plus avantageuse pour les salariés ayant effectué beaucoup d'heures supplémentaires ou ayant perçu des primes significatives pendant la période de référence.

L'employeur est tenu de comparer les deux méthodes à chaque prise de congés et d'appliquer systématiquement la plus favorable au salarié. En pratique, pour un salarié dont la rémunération est stable (pas d'heures supplémentaires variables, pas de primes fluctuantes), les deux méthodes donnent des résultats très proches. C'est lorsque la rémunération a été plus élevée pendant la période de référence que la règle du 1/10e prend tout son intérêt.

Indemnité compensatrice de congés payés

Lorsqu'un salarié quitte l'officine sans avoir soldé l'intégralité de ses congés, il a droit à une indemnité compensatrice de congés payés. Elle est versée avec le solde de tout compte et calculée selon les mêmes règles (comparaison maintien / 1/10e). Cette indemnité est due quelle que soit la cause de la rupture du contrat (démission, licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD), y compris en cas de faute grave ou lourde. Pour éviter les erreurs courantes sur ce sujet, consultez notre article sur les erreurs fréquentes en droit du travail en pharmacie.

8. Impact sur le planning et la couverture de l'officine

La gestion des congés payés a un impact direct sur l'organisation de l'officine. Dans une structure où chaque poste compte, l'absence simultanée de plusieurs collaborateurs peut compromettre la qualité du service et le respect des obligations réglementaires.

Assurer la présence d'un pharmacien

L'officine ne peut ouvrir que sous la responsabilité d'un pharmacien inscrit à l'Ordre. Lorsque le titulaire est en congé, un pharmacien adjoint ou un pharmacien remplaçant doit assurer la présence pharmaceutique. Cette obligation est inscrite à l'article L. 5125-20 du Code de la santé publique. Il est donc impératif de croiser les calendriers de congés du titulaire et des adjoints pour qu'au moins un pharmacien soit toujours présent.

Dimensionner l'équipe restante

Au-delà de la présence pharmaceutique, le titulaire doit veiller à ce que l'équipe restante soit en mesure d'assurer un service correct : accueil des patients, dispensation, gestion du back-office. Il est recommandé de ne pas avoir plus de 30 à 40 % de l'effectif absent simultanément, selon la taille et l'activité de l'officine. Sur les petites officines de 3 à 4 salariés, cela signifie souvent qu'un seul départ à la fois est possible en période estivale.

Planifier en amont

La clé d'une gestion sereine des congés réside dans l'anticipation. Idéalement, le calendrier prévisionnel des congés estivaux devrait être bouclé dès le mois de mars. Affichez un planning visible par toute l'équipe, recueillez les souhaits suffisamment tôt et arbitrez de manière transparente en vous appuyant sur les critères légaux. Un outil de planification adapté à la pharmacie facilite grandement cet exercice et limite les tensions au sein de l'équipe.

La gestion des congés payés en pharmacie d'officine demande rigueur et organisation. Entre le respect du cadre légal, les avantages conventionnels et les contraintes propres à l'activité pharmaceutique, le titulaire doit jongler avec de nombreuses règles. En maîtrisant ces fondamentaux — acquisition, décompte, fractionnement, indemnisation et planification — vous sécurisez votre gestion sociale et offrez à votre équipe un cadre clair et équitable.

Questions fréquentes

Combien de jours de congés payés en pharmacie d'officine ?

Tout salarié en pharmacie acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) par an. La convention collective IDCC 1996 prévoit en outre des jours supplémentaires pour ancienneté : 1 jour après 10 ans, 2 jours après 15 ans et 3 jours après 20 ans.

Peut-on reporter ses congés payés en pharmacie ?

Les congés doivent en principe être pris durant la période de référence (du 1er juin au 31 mai). Le report n'est pas automatique : il n'est possible que si un accord d'entreprise le prévoit ou en cas de circonstances exceptionnelles (maladie, maternité). Les congés non pris à la fin de la période sont en principe perdus.

Un jour férié compte-t-il comme jour de congé en pharmacie ?

Non, un jour férié tombant pendant une période de congés payés ne compte pas comme un jour de congé si ce jour est habituellement chômé dans l'officine. Le compteur de congés n'est donc pas débité pour ce jour. En revanche, si l'officine travaille habituellement ce jour férié, il sera compté comme un jour ouvrable.

Comment est calculée l'indemnité de congés payés en pharmacie ?

L'indemnité est calculée selon la méthode la plus avantageuse pour le salarié entre le maintien de salaire et la règle du 1/10e (1/10e de la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence). L'employeur est tenu de comparer les deux méthodes à chaque prise de congés.

Questions fréquentes

Les questions que les pharmaciens nous posent le plus sur ce sujet.

En pharmacie d'officine, tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) par an. La convention collective IDCC 1996 prévoit en outre des jours supplémentaires pour ancienneté : 1 jour après 10 ans, 2 jours après 15 ans et 3 jours après 20 ans.

Les congés payés doivent en principe être pris durant la période de référence (du 1er juin au 31 mai de l'année suivante). Le report n'est pas automatique : il n'est possible que si un accord d'entreprise le prévoit ou en cas de circonstances exceptionnelles (maladie, maternité). Les congés non pris à la fin de la période sont en principe perdus.

Non, un jour férié tombant pendant une période de congés payés ne compte pas comme un jour de congé si ce jour est habituellement chômé dans l'officine. Le compteur de congés n'est donc pas débité pour ce jour. En revanche, si l'officine travaille habituellement ce jour férié, il sera compté comme un jour ouvrable.

L'indemnité de congés payés est calculée selon la méthode la plus avantageuse pour le salarié entre le maintien de salaire (rémunération qu'il aurait perçue s'il avait travaillé) et la règle du 1/10e (1/10e de la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence). L'employeur est tenu de comparer les deux méthodes à chaque prise de congés.

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